Un observatoire des mammifères marins est né

Baleine à bosse

 À l’occasion de l’arrivée des baleines dans nos eaux, un observatoire des mammifères marin a vu le jour. Cette association, agissant pour la protection de ces espèces, s’appelle « Cat’agoa ».

Depuis le début du mois de janvier, on peut entendre les baleines arrivées dans les eaux martiniquaises. « Cat’agoa » a d’ailleurs réalisé des écoutes qui confirment le début de la saison des baleines. Francis Faulé, le président de l’association en a même déjà aperçu une. Il espère bien pourvoir recencer les divers cétacés croisants dans nos eaux et en étudier le comportement.

Un véritable inventaire

Toutes les informations récoltées sur les espèces et les comportements des cétacés observés, seront envoyées à l’observatoire des mammifères marins de l’archipel guadeloupéen, qui les centralise. Les données sont ensuite analysées et classées afin de les mettre à la disposition des chercheurs.

Elles sont également trasmises à l’Agence des aires marines protégées, gérante d’Agoa, sanctuaire de protection des cétacés dans les eaux antillaises françaises.

Une mission éducative

Cat’agoa se veut association engagée et éducative. L’observatoire propose des sorties à ses adhérents afin d’observer les baleines. L’association espère bientôt embarquer des scolaires sur son catamaran, afin des les sensibiliser sur la protection des baleines.

Une croisière sera proposée, en mars, aux adhérents, afin d’aller observer les baleines à bosse dans les eaux de la Désirade.

 

Source : http://www.maximini.com – François LABETOULLE (25.01.13)
Agence Presse Média Caraibes

 

Le lent déclin des baleiniers du Japon

* Détruites par le tsunami du 11 mars 2011, les installations baleinières du port d’Ayukawa sont lentement reconstruites.

KAZUHIRO NOGI / AFP
La quasi-totalité des infrastructures de l’industrie baleinière de la ville d’Ayukawa ont été détruites lors du tsunami de mars 2011.

* Leur déclin avait commencé depuis la fin des années 1980.
* La chasse à la baleine garde pourtant une charge identitaire extrêmement forte au Japon.

Sur le port dévasté d’Ayukawa dans le nord-est du Japon trônent deux statues de baleine, rares symboles laissés intacts par le tsunami du 11 mars 2011. Dans cette ville qui chasse les cétacés depuis le XIXe  siècle, les restaurants de baleine, le siège de l’entreprise baleinière locale et les bateaux de pêche ont tous été emportés ou sérieusement endommagés.

« Nous sommes résolus à reconstruire l’industrie baleinière, assure pourtant Ryoetsu Okumi, 71 ans, un ancien « cuisinier » sur les baleiniers, chargé de tronçonner la viande de baleine. La baleine est synonyme d’emploi pour nous. Que va devenir la ville sans emploi ? »

124 baleines par an

Sur le port en ruine, l’usine de conditionnement de viande de baleine a déjà été reconstruite en vue de la prochaine saison de chasse qui commencera en avril prochain à Ayukawa. Pourtant, l’industrie baleinière de la ville n’est plus que l’ombre d’elle-même. Outre la vague ravageuse de mars 2011, les quotas de chasse fixés sur la pêche côtière au Japon en 1985 et le moratoire international sur la chasse commerciale de 1986 ont depuis longtemps signé son déclin.

« Quand j’étais enfant, il y avait de nombreux baleiniers et les hommes chassaient toute sorte de baleines, se souvient Toshio Saito, un pêcheur de 58 ans qui attend avec impatience la prochaine saison. La ville prospérait grâce à la baleine. Aujourd’hui, on chasse moins et le nombre d’habitants a chuté drastiquement. »

L’entreprise baleinière de la ville dont le quota est limité à 124 baleines par an n’emploie qu’une trentaine de personnes, cinquante pendant la saison de chasse. Outre l’expédition annuelle dans l’Antarctique, seules cinq villes pratiquent la chasse côtière et n’emploient plus que quelques centaines de pêcheurs.

Une industrie en perte de vitesse

Au Japon, l’industrie baleinière est donc loin d’être aussi puissante que le bruit médiatique qu’elle provoque. Certes, la très controversée campagne de chasse dans l’Antarctique – organisée sous couvert de recherches scientifiques – mobilise d’importants moyens : environ 170 hommes (dont 160 pêcheurs et 9 scientifiques) et quatre bateaux dont le bateau usine Nisshin Maru (qui vient d’être restauré). Mais les pêcheurs se retrouvent de plus en plus acculés par les volontaires obstinés de l’ONG maritime Sea Shepherd.

L’an dernier, ils avaient ainsi dû interrompre leur campagne prématurément après avoir « prélevé » 266 baleines au lieu des 900 prévues. Cette année, ils pourraient connaître les mêmes déboires au vu des moyens mobilisés par Sea Shepherd. De façon ironique, celle-ci vient d’acquérir un bateau qui appartenait au gouvernement japonais, pour traquer les baleiniers nippons.

Une question d’identité

En perte de vitesse, la chasse à la baleine garde une charge identitaire forte au Japon. Pour ses partisans, l’Occident s’acharne à détruire une ancienne tradition nippone. Ce décalage était flagrant lors d’une récente manifestation organisée à Tokyo contre la chasse à la baleine et au dauphin. Muni de posters et de peluches de mammifères marins, le mince cortège était composé d’une majorité d’étrangers.

À quelques dizaines de mètres de là, des nationalistes déchaînés brandissaient des boîtes de conserves de viande de baleine en injuriant les manifestants écologistes : « White pig go home ! » (« Rentrez chez vous, porc blanc ! »)  « Ceux qui sont contre la chasse à la baleine et se moquent du Japon doivent quitter le pays », pouvait-on entendre.

Loin de cette récupération nationaliste, les chasseurs à la baleine d’Ayukawa dénoncent eux aussi un biais culturel : « Vous tuez bien des veaux sans que cela ne choque personne, lance Ryoetsu Okumi qui assure que toutes les espèces de baleines ne sont pas menacées. Je trouve ça plus cruel de tuer du bétail que de harponner des baleines dans un cadre contrôlé. » Reste que, même au Japon, l’appétit pour la baleine s’amenuise. Cette viande n’est plus qu’exceptionnellement servie dans les cantines scolaires, et un sondage récent montre que 89 % des Japonais n’en ont pas mangé au cours de douze derniers mois.

MARIE LINTON à AYUKAWA

Source : La-Croix.com (31.12.12)